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Les autorites espagnoles ont retiré la garde d'un bébé de 15 mois à sa mère parce qu'elle a refusé de le sevrer


Il y a 11 jours, le 31 mai, une jeune mère marocaine connue sous le nom d'Habiba a été séparée de son enfant sans son consentement, sous le prétexte qu'elle allaitait son enfant. En raison d'une situation économique désespérée, Habiba vivait, avec sa fille âgée de 15 mois, dans un centre d'accueil pour femmes à Madrid (Institut Madrilène du Mineur et de la Famille - IMMF)

Au cours de déclarations et d'interviews radiophoniques, Nacho de La Mata, son avocat, a informé les médias que le jour des faits, Habiba avait laissé son enfant aux soins de la garderie du centre, comme il en est coutume, et que l'enfant en a été retiré immédiatement. Habiba fut alors avertie du fait qu'elle ne pourrait plus vivre dans le centre d'accueil, celui-ci étant destiné aux mères et elle, n'ayant plus d'enfant à sa charge.

La “Fundación Raíces”, une organisation humanitaire, s'est immédiatement emparée de l'affaire, en fournissant des évaluations psychiatriques exécutées par la célèbre activiste des droits de naissance et auteure Ibone Olza, ainsi qu'une aide juridique, des soins de santé et une aide financière.

D'après des informations de sources anonymes relayées dans la presse, que l'on suppose originaires de l'IMMF, l'enfant d'Habiba lui fut confisquée à cause de son incapacité à se conformer au “programme de psychothérapie et habilités maternelles” du centre,  parce qu'elle était soi-disant une “personne violente” - bien qu'il n'y ait aucune trace de cette prétendue violence.

Dr Olza, la psychiatre qui a évalué Habiba, donne ses impressions sur Habiba :

« J'ai l'impression que c’est une mère sensible et aimante, qui est attachée d’une manière saine à son enfant. »
« Il est évident que cette séparation est hautement stressante pour l'enfant, et je peux facilement prédire des symptômes de détresse psychique si le lien physique et émotionnel avec la mère n'est pas immédiatement rétabli. »

« Me basant sur une minutieuse évaluation psychiatrique, je tire la conclusion que cette femme ne souffre d'aucun trouble psychiatrique ni est consommatrice de drogue. D'après moi, c’est une mère très capable, aimante et elle souffre énormément d'avoir été séparée si brutalement de son enfant. »

« En tant que psychiatre pour enfants, je sais que séparer brutalement un enfant de 15 mois de sa mère, en le transférant à une infrastructure gouvernementale, cause des dommages importants qui pourraient entraîner des conséquences psychologiques, si la petite et sa mère ne sont pas réunis à nouveau au plus vite. »

Habiba souffre autant sur le plan émotionnel que sur le plan physique. Le jour où Ibone Olza l'a rencontré pour la première fois afin de s'occuper de son cas, elle souffrait d'une obstruction mammaire et était sur le point de développer une mastite. La psychiatre a aidé Habiba à tirer son lait et en a emporté un demi-litre à l'IMMF. Après de longues discussions et beaucoup de d'argumentation sur l’aspect criminel de gâcher ce précieux lait maternel, l'IMMF a accepté de le prendre, bien que ceci ne garantisse pas que l'enfant l'ait reçu – l'allaitement maternel étant strictement interdit dans tous les foyers d'accueil recevant des enfants. 


Ceci est en contradiction avec l'importante campagne de soutien à l'allaitement du programme “allaitement et lien parent-enfant” de Madrid, destiné aux professionnels de la santé. Ainsi l'attitude et l'opinion de l'IMMF à propos de l'allaitement, le qualifiant de “chaotique et nuisible à l'enfant”, a entraîné une situation d'alerte, non seulement au sein de la communauté de défense de l'allaitement mais également chez les mères de toutes parts (notamment sur la blogosphère maternelle et les réseaux sociaux tels Facebook). D'après les déclarations dans le journal, probablement issues de l'IMMF, la raison de séparation mère/enfant n'aurait rien à voir avec leur relation d'allaitement. Cependant, lorsqu'il fut décidé que l'enfant serait “temporairement retiré à sa mère et le cas réévalué”, Habiba avait été auparavant prévenue du fait qu'il lui serait absolument interdit d'allaiter son enfant lors de leur heure hebdomadaire de visite, sous le prétexte que ce serait “contraire à l'institutionnalisation de l'enfant».

Le samedi 4 juin, Ibone Olza a décidé de faire appel à un soutien public afin de défendre le cas d'Habiba, et a créé un groupe sur Facebook, nommé  Que el IMMF permita que Habiba amamante a su niña YA (que l'IMMF permette à Habiba d'allaiter son enfant immédiatement). En moins de 24 heures, le groupe a atteint les 2000 membres, et à l'heure actuelle il est en passe d'en atteindre 5000)

Le 8 juin, Habiba a enfin été autorisée à rendre visite à sa fille, pour une misérable petite heure, après 9 jours de séparation...


Depuis que cette information s'est faite publique, d'autres cas similaires de femmes forcées à sevrer leur enfant sous la menace de leur en ôter la garde sont apparus au grand jour. Une pétition publique en espagnol a été signée par plus de 7700 personnes, et 5200 ont envoyé des lettres personnelles à l'IMMF et à d'autres autorités espagnoles, telles que Save the Children, Amnesty International et d'autres ONGs – afin d'exprimer leur soutien à Habiba et demander qu'on lui rende son enfant le plus tôt possible. 


Le 9 juin, un journal espagnol a publié les déclarations suivantes, rapportées par Ibone Olza, au sujet des impressions d'Habiba après sa rencontre avec sa fille:

«Ma petite fille n'est plus l'enfant que je connaissais. Au début elle ne voulait même pas me regarder... Elle a perdu un demi-kilo, elle est très mince, ce n'est pas signe d'un bon traitement, elle a des cernes sous les yeux, elle a commencé à pleurer aussitôt que je l'ai prise dans mes bras mais elle a immédiatement cessé car elle n'avait pas la force physique de pleurer plus longtemps, elle ne ressemble plus à ma fille, elle ressemble à un enfant mort, une poupée».


Dr. Olza explique aux autorités espagnoles que la réaction de l'enfant était parfaitement prévisible dans ces circonstances:

« Elle ne voudra plus la regarder dans les yeux, elle la regardera comme si elle était une parfaite étrangère, refusant de se rapprocher d'elle. Elle aurait pu avoir une autre réaction : ne pas vouloir laisser sa mère repartir»

« Il était parfaitement prévisible que la petite n’ait pas l'air heureuse de voir sa maman vu les circonstances », ce qu'un observateur sans formation en psychologie aurait pu (mais n'aurait pas du) interpréter en disant que « l'enfant n'aime pas sa mère » ou « cette Habiba n'était pas une bonne mère. »

« Au contraire, le fait que l’enfant ait réagi de cette manière est une preuve de son énorme souffrance, signe d'un profond sentiment d'abandon »

Non seulement l'enfant a été séparée de sa mère de manière traumatisante, mais par ailleurs il n'y a pas assez de travailleurs sociaux pour fournir aux enfants les soins et attentions dont ils ont besoin. Après avoir visité le centre où le bébé d'Habiba est pris en charge, la fondation Raíces a déclaré à la presse que pendant le tour de nuit, il y a seulement deux travailleurs sociaux pour 42 enfants en-dessous de 6 ans.

Le 9 juin, la psychiatre publiait la déclaration suivante, dans l'urgence, demandant à tous les supporters résidant sur Madrid de venir protester en face de l'IMMF, maintenant :

« Il y a un peu moins d'une heure, une représentante de l'IMMF en charge du cas d'Habiba a déclaré qu'Habiba pourrait “voir son enfant une heure par semaine afin de maintenir leur relation d'allaitement”, ce qui selon la présidente de la fondation Raíces, démontre que cette personne ne sait rien des principes de l'allaitement. Sa réponse fut que l'IMMF devrait évaluer la possibilité de droits de visite plus généreux. Nous vous demandons à tous et à toutes de venir manifester et protester devant l'édifice de l'IMMF au plus vite, afin de demander que cet abus institutionnel dont Habiba est victime soit réparé au plus vite. L'adresse (à Madrid) est Rue Gran Vía, 14. Ceci est très important: veuillez utiliser l'image de soutien à Habiba en tant que masque, pour ne pas être exposé(e)s dans les médias. Nous porterons toutes ce même masque parce nous sommes toutes Habiba

Je suis tout à fait consciente du fait que cette histoire puisse ressembler à un canular, mais des professionnels reconnus tels que María Teresa Hernández, membre du comité d'allaitement de l'Académie Pédiatrique Espagnole, l'avocat primé Nacho de la Mata, Isabel Fernández del Castillo, auteure reconnue et activiste des droits de naissance, et Ibone Olza, entre autres, soutiennent l'information et donnent leurs avis personnels à ce sujet de manière publique... Ce qui semble plutôt crédible.

Si cette histoire vous a ému, a touché votre cœur, si vous voulez aider Habiba et son enfant, s'il vous plait, partagez cette information, si vous connaissez quelqu'un dans la presse, qui pourrait aider en ce sens, s'il vous plait, contactez-les. 

Si vous comprenez l'espagnol et que vous voulez en lire plus sur Habiba, lisez les articles suivants: 



Si vous voulez soutenir Habiba sur facebook, rejoignez ce groupe en espagnolou la page internationale avec d'autres traductions... 

Signez la pétition publique en espagnol, ou en anglais.

Merci!

Merci beaucoup a Céline Rainoird pour la traduction.

Illustration: Dessin de Louma Sader Bujana / Amor Maternal

1 opiniones:

Leelou dijo...

a t on des nouvelles d'habiba ?

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